Si je ne l’ai jamais vue, j’aime beaucoup le titre de cette vieille émission de télé[1]. Et je trouve que là, en ce qui concerne Cyrano, ça va bien. Et c’est le titre qui convient pour parler un peu concret. Car il n’y a pas que la beauté immatérielle du verbe, il y a la chair qu’il faut mettre autour, et ça n’est pas forcément une mince affaire.

C’est peut-être la caractéristique la plus spontanément impressionnante du personnage[2] : il est à la fois subtil dans sa pensée, poète, philosophe et vif, puissant, imbattable physiquement. Et, donc, je dois évoquer ça. Moi qui ai toujours été un cancre en sport !

Première alerte… sur la voix. Les premières répétitions, une petite douleur, une fatigue persistante a semblé s’installer dans ma gorge. Damn’, fulminais-je in petto, si mon outil de travail me trahit ?… Et puis, sur la dernière semaine de répétition plus d’alerte de ce côté-là. Un peu rassuré, donc. La voix particulière du personnage se pose légèrement dans mes graves[3] : l’autorité indispensable du bonhomme en a besoin. Et il n’hésite pas à donner de l’énergie avec, le bougre. Mais, donc, Il semble que mes cordes vocales, une fois chauffées, soient prêtes à accepter cette aventure.

Et puis samedi matin, dernière répétition avant la pause. On place la III, 12. J’ai fini en nage. Et depuis, j’ai des courbatures aux abdominaux ! Je resterai discret sur les acrobaties de la scène, afin de ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, mais disons qu’on n’a pas fait dans l’économie de mouvement.

Comme me le rappelle régulièrement mon cher metteur en scène : Une des difficultés d’un rôle pareil, c’est d’en trouver le souffle. Ne pas se vider avant la fin. En avoir sous le pied, tout en se donnant copieusement, jusqu’à la chute finale. Se poser vaguement la question de comment on va se relever pour saluer après ça, mais être solide jusqu’au bout.

Décidément, les métiers de fainéants, c’est pas de tout repos…

Notes

[1] je découvre sur cette fiche Wikipédia que « la tête » et « les jambes » étaient deux candidats, fichtre, voilà qui va à l’encontre de l’idée de mon billet. M’en fous je garde le titre, personne n’a l’émission en tête de toute façon :sifflote:

[2] en tout cas pour moi

[3] confessons-le : je suis plutôt ténor, quant à moi