Noé Cendrier

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Noé Cendrier

comédien protéiforme, auteur monomaniaque,
bidouilleur de possibles… amoureux du monde


Pri-vi-lé-gié !

Pour continuer la veine de mon précédent billet, et suite à certains trolls sur twitter que je ne parviens pas toujours à ignorer avec superbe, j’aimerais m’arrêter sur quelque chose qui revient avec insistance dans les commentaires de ceux qui ne comprennent pas que les professionnels du spectacle défendent leurs droits sociaux.

Je suis un privilégié.

Mon exorbitant privilège – et je n’en ignore rien – consiste à exercer un métier que j’ai choisi, que j’aime et dans lequel j’ai l’impression que ce que je fais a un sens, autant pour moi que pour ceux pour qui je le fais[1]. Je n’ignore pas qu’une part considérable de la population s’emmerde dans des boulots qu’ils n’ont pas choisi ou ne les valorisent pas ou sont abominablement sous-payés[2] – aucun ou n’étant naturellement exclusif ici.

Mais ce privilège a un coût : j’ignore jusqu’à quand j’aurai du travail (chaque contrat peut théoriquement être le dernier et je signe couramment deux à trois contrats par mois et autant de soldes de tout compte – y compris avec le même employeur). Si je tombais sérieusement malade, par exemple, il est quasi sûr que j’aurais été remplacé avant d’être guéri, et que je doive alors me mettre en quête de nouveaux employeurs. Je retarde depuis plusieurs mois une opération qui m’est nécessaire[3] parce que j’aurai besoin de plusieurs semaines de convalescence et que je n’ai pas ce temps-là durant l’année scolaire.

Je gagne ma vie aujourd’hui[4], mais ça n’a pas toujours été le cas, et ça peut s’arrêter très vite et mettre du temps à revenir – ça m’est déjà arrivé.

Donc oui, je suis un privilégié. Mais je n’ai pas la sensation de m’engraisser aux dépens des vrais travailleurs et d’allocations chômages indues. Mon privilège, c’est d’aspirer au bonheur. Il se trouve que ça fait partie des droits de l’homme…

La prochaine fois, j’arrête le prêchi-prêcha et je parle d’art et de beauté, promis !

Soyez (pas trop) sages, d’ici-là.

Notes

[1] Les spectateurs, hein. Je travaille avec les gens qui me payent pour le public.

[2] Je pourrais m’aligner sur cette dernière catégorie, mais je ne me plains pas de mon sort, pour l’heure.

[3] Rien de grave, hein, mais je suis obligé, en attendant de porter un équipement moyennement seyant pour ne pas lutter contre la douleur quand je joue.

[4] M. Copé me classerait tout de même dans les minables.

Un termite ? Han !

Je ne vous apprendrai rien : ça chauffe du côté des professionnels du spectacle en ce moment. L’indemnisation ASSEDIC est à nouveau tripatouillée par des individus qui ne lui veulent pas du bien. Puisque je m’intéresse à la question, quelques commentaires sur la chose en général et ma situation en particulier.

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Méchant !

Ça y est.

Vendredi dernier, j’ai raccroché le costume de Sganarelle définitivement[1]. Sganarelle, mon camarade, je te garde une place au chaud dans ma besace. Tiraillé entre ton désir d’amender ce maître si fascinant et tellement indéfendable et la tentation de l’accompagner dans ses frasques. Sgana, intellectuel sans outil, qui veut raisonner, se prend les pieds dedans et ne renonce jamais. Je ne suis pas inquiet pour toi, mon camarade Laurent[2] saura te donner vie avec sa bouffonerie à lui et la gravité qu’il faut là où il la faut…

Et moi ? Je vais, dès ce soir, revêtir l’habit du maître, carnasser en chemise de dentelles, séduire sans pitié, mépriser la foi des charbonniers et défier le ciel jusqu’à l’issue fatale… Parce que mourir deux fois par semaine d’un coup de bûche ne me suffisait pas, faut croire, on en met une troisième !

Aperçu Dom Juan

Si vous voulez me voir méchant, c’est désormais tous les vendredis à 20 heures 30, à l’Espace Marais !

Notes

[1] et celui de Pierrot, natürlich

[2] Ciavatti, dont vous pouvez aussi apprécier le Raguenau dans Cyrano

Attention, y a des vrais gens !

Après la pause estivale, je reviens à ma série. Aujourd’hui, j’ai tiré dans mon grand chapeau[1] la question de la jeune Flo qui nous écrit de la ville rOseuh :

Ça se passe comment avec le public, ses réactions, rires, toux… – surtout quand, dans une configuration comme celle de l’Espace Marais, on ne peut pas ignorer qu’il est là ?[2]

Principalement, c’est la question de la concentration qui se pose ici. Dans mon premier billet de la série, j’évoquais la mémoire, la façon dont on s’appuie dessus pour dérouler le spectacle quoi qu’il arrive. Face à une réaction inattendue dans la salle, on se raccroche à ce qu’on connaît, à ce qu’on sait faire. Il peut arriver que certains groupes scolaires, notamment, dégagent une forme d’hostilité, d’indifférence agressive, qui rendent les choses difficiles. C’est aussi là qu’on se rappelle qu’on est plusieurs : il y a le Noé comédien, conscient de la réalité qui l’entoure, attentif à elle pour, précisément, ne pas se laisser surprendre et déconcentrer. Il y a le type qui pense à sa vie, à ceux qui l’aiment, à ses emmerdes, aussi, qu’on empêche de parler trop fort à l’intérieur de soi, mais qui peut prendre ses aises entre deux répliques[3]. Et bien, sûr, seul montré, il y a le personnage, qui vit, lui, la situation, à qui le comédien aura prêté son corps et sa voix pour partager son histoire avec le public.

Ce qui a pu, assez rarement heureusement, me mettre en danger, ç’a pu être certains spectateurs que je connaissais, que je pouvais voir dans la salle, et dont l’avis m’importait. Je me surprenais alors à guetter leurs réactions, au risque, précisément, de me déconcentrer. J’ai toujours réussi, fort heureusement, à me rappeler à l’ordre et à ne pas saboter le spectacle !

Et il y a les cas exceptionnels, où on est obligé d’interrompre la représentation. L’an dernier, une élève de groupe scolaire a ainsi fait un malaise vagal en pleine représentation. Nous avons dû interrompre le spectacle pendant plus d’une demi-heure[4]

La représentation où, je crois, on a eu le plus de mal à poursuivre, c’est un jour chaud, où, la porte étant ouverte sur la rue pour favoriser l’aération, des gardiens de la paix ont surgi sur le plateau (au début de la représentation), alertés par les cris de nos personnages – ils répondaient à un appel pour violence conjugale. Si nous avons réussi à poursuivre la scène, pendant quelques minutes, nous avons bien senti que les spectateurs n’étaient plus avec nous ^^

Il y a par ailleurs, des comédiens qui sont inconfortables avec cette proximité des spectateurs. Pour ma part, j’adore apercevoir leurs réactions, les sentir calés sur notre rythme, et le plus grand risque de déconcentration vient davantage d’un imprévu sur le plateau ! Un camarade qui trébuche, une réplique qui sort improbablement, un projecteur qui tombe en panne, un accessoire qui n’est pas à sa place, un nez qui se décolle ; là, je me sens menacé, par le fou-rire dans le meilleur des cas, par l’incapacité de jouer la scène comme prévue.

Et tout ça, ça recommence demain ! J’ai hâte. On s’y retrouve ?

Notes

[1] N’hésitez à alimenter ledit chapeau dans les commentaires ;-)

[2] Oui, je paraphrase lâchement.

[3] Il lui, arrive, à ce sale gosse, de dénombrer les spectateurs depuis la scène

[4] Comme le sujet concerne le rapport au public, je ne parle pas des incidents techniques, pannes de régie, fuite d’eau de la machine à laver du dessus…

Donc, Dotclear !

Une fois n’est pas coutume, je vais vous causer un peu de Dotclear[1]. Je n’apprendrai à ceux d’entre vous que ça intéresse qu’il y a ces temps-ci… du mouvement dans la boîte à blogs[2].

Je crois l’avoir déjà raconté, mais peut-être ailleurs, j’ai rencontré Dotclear à l’époque où je commençais à m’intéresser aux blogs et après avoir tenté une incursion dans le merveilleux monde des CMS via SPIP, pour un projet de refonte d’un site que je n’ai jamais terminé[3].

Bref, le grand Tristan disait du bien de son outil, j’avais une histoire à raconter pour laquelle le format blog me paraissait adapté, je me suis lancé. Nous étions en 2005, la version publique avait nom 1.2.2. J’ai beaucoup aimé la souplesse du truc, la possibilité de prendre vite la chose en main, une structure de page claire et une CSS assez courte pour pouvoir être lue et comprise – je débutais en la matière à l’époque…

Du coup, je me suis pris au truc, j’ai commencé à squatter le forum, l’équipe m’a trouvé sympa, et finalement adopté… Et ma vie a changé !

Ces « gens de l’internet », qui ne sauraient être de vrais amis, m’ont accompagné, soutenu, permis des rencontres que je n’aurais sans doute pas su faire sans la protection de l’écran et, de paris-carnets en pique-niques de blogueurs, de bêtises sur Twitter en balades à travers la France des copains ont, finalement, changé ma vie.

Dotclear, pour moi, c’est pas du code, c’est pas ce truc hallucinant de rendre un service à des tas de gens qu’on ne rencontrera, fût-ce virtuellement, jamais, c’est du p*tain d’amour en barre.

Sans ce drôle de truc qui nous a rassemblés, quelques-uns de mes amis les plus chers me seraient inconnus – et mon amoureuse même !

Alors à tous ceux qui enrichissent ma vie depuis presque 8 ans, à tous ceux qui me restent à rencontrer et à tout le temps « perdu » à faire avancer un bout de code dont on a cru un peu vite qu’il n’intéressait plus personne, j’ai juste envie de dire : merci.

Notes

[1] Et, du coup, de choses un peu plus « perso », peut-être, qu’à l’accoutumée

[2] Je renvoie les autres aux derniers billets du blog du projet, en commençant par celui qui a footu la merde le coup de pied dans la fourmilière qui a lancé le mouvement

[3] La haute époque où je mettais à jour, en pages statiques, le site de la Maison Pour Tous de Chatou et ses 150 horaires de cours me paraissant à oublier

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Et en plus il touite !